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3 juillet 2008 4 03 /07 /juillet /2008 00:00

Où se situe la première tête et où sera la dernière? Entre-temps nous sautons d'un état à un autre. Nous ne sommes pas si solides que nous voulons bien le croire.

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commentaires

POP 03/07/2008 20:11

Slt,

Je vois qu'on a les mêmes lectures, J'ai vu l'expo consacrée à Antonin Artaud l'année dernière à la BNF, les écrits mais sans oublier les dessins, les films... Si comme moi tu aimes les écrivains tourmentés je te conseille à moins que ce ne soit déjà fait les chants de Maldoror du Comte de Lautréamont, sinon je suppose que tu as lu le Horla de Maupassant sinon c'est pas du jeu lol ;) sinon je citerai bien aussi le philosophe allemand Schopenhauer mais je préfère arrêter là avant de partir en free style...
Chers Amis, ce que vous avez pris pour mes oeuvres n'était que les déchets de moi-même, ces raclures de l'âme que l'homme normal n'accueille pas. Que mon mal depuis lors ait reculé ou avancé, la question pour moi n'est pas là, elle est dans la douleur et la sidération persistante de mon exprit [Artaud - Le pèse-Nerfs 1925].

Mes humbles excuses pour avoir squatté la conversation/POP

Thibault Balahy 03/07/2008 20:40


Mais je t'invite à squatter ce blog avec plaisir! Surtout pour partager des goûts littéraires et artistiques. Lautréamont oui, bien sûr, Le Horla non,
Schopenhauer entre les lignes, on pourrait rajouter Poe, Kafka, Buzatti, Lovecraft... Bien, on se sent comme à la maison.


François Matton 03/07/2008 19:14

Non, sans rancune bien sûr. D'autant que Proust n'est pas mon auteur favori (je lui préfère Flaubert, par exemple - pour rester avec les classiques). Je le lis rarement sans effort, mais mes efforts sont hautement récompensés la plupart du temps.

(Sans vouloir te convaincre, ceci, à tout hasard : )

Un homme qui dort tient en cercle autour de lui le fil des heures, l’ordre des années et des mondes. Il les consulte d’instinct en s’éveillant, et y lit en une seconde le point de la terre qu’il occupe, le temps qui s’est écoulé jusqu’à son réveil ; mais leurs rangs peuvent se mêler, se rompre. Que vers le matin après quelque insomnie, le sommeil le prenne en train de lire, dans une posture trop différente de celle où il dort habituellement, il suffit de son bras soulevé pour arrêter et faire reculer le soleil, et à la première minute de son réveil, il ne saura plus l’heure, il estimera qu’il vient à peine de se coucher. Que s’il s’assoupit dans une position encore plus déplacée et divergente, par exemple après dîner assis dans un fauteuil, alors le bouleversement sera complet dans les mondes désorbités, le fauteuil magique le fera voyager à toute vitesse dans le temps et dans l’espace, et au moment d’ouvrir les paupières, il se croira couché quelques mois plus tôt dans une autre contrée. Mais il suffisait que, dans mon lit même, mon sommeil fût profond et détendît entièrement mon esprit ; alors celui-ci lâchait le plan du lieu où je m’étais endormi, et quand je m’éveillais au milieu de la nuit, comme j’ignorais où je me trouvais, je ne savais même pas au premier instant qui j’étais ; j’avais seulement dans sa simplicité première le sentiment de l’existence comme il peut frémir au fond d’un animal ; j’étais plus dénué que l’homme des cavernes ; mais alors le souvenir – non encore du lieu où j’étais, mais de quelques-uns de ceux que j’avais habités et où j’aurais pu être – venait à moi comme un secours d’en haut pour me tirer du néant d’où je n’aurais pu sortir tout seul ; je passais en une seconde par-dessus des siècles de civilisation, et l’image confusément entrevue de lampes à pétrole, puis de chemises à col rabattu, recomposait peu à peu les traits originaux de mon moi.

Thibault Balahy 03/07/2008 19:22



bon, tu marques un point. Il faut me dire de quel livre c'est extrait maintenant. Je dois dire que ta sélection est  pertinente, il faudrait qu'il y ai beaucoup
de passage comme ça pour me séduire totalement (parce que séparer le grain de l'ivraie, ça dépend dans quelle proportion, certains sont forts pour semer de rares perles dans un champ de paille
sec sans fin). Mais la réflexion autour du sommeil est d'une richesse que je n'avait pas soupçonné. Rien que pour ça, merci. Sinon je suis en train de (re)lire Artaud, dans une version intégrale,
et ça très cher, ça dépote.



François Matton 03/07/2008 12:01

Hollà ! J'ai lu "Marcel Proust" où il était clairement écrit "Marcel Pagnol"... Il faudrait peut-être que je refasse un test neurologique...

Thibault Balahy 03/07/2008 12:54


"Il faudrait peut-être que je refasse un test neurologique... "
Haha, j'adore ta capacité à rire des choses les plus graves! C'est preuve de grande santé.


François Matton 03/07/2008 11:57

Monsieur a habité rue Marcel Proust ? Hein hein... Ça a du chic.

Thibault Balahy 03/07/2008 12:51


Marcel Pagnol, Edgar Varèse, Ramelet Moundi, mais pas encore Proust. Je sais que tu as un intérêt tout particulier pour lui, sans doute dû à des souvenirs de lecture
de jeunesse, et peut-être même une influence sur ton mode d'écriture. Je dois t'avouer que je ne l'ai pas lu (sinon par extrait) et que je me suis refusé de le lire : trop verbeux, trop centré
sur du psychologique et sur du ressenti, sur l'art de la description, bref sur l'extériorité. Je vais faire court, je le trouve chiant. C'est long pour n'en garder que sa madeleine et son
petit pan de mur jaune. Tu vas sans doute me dire qu'il y a mille nuances... Je crois que c'est un problème de forme qui me gène, peut-être plus que de fond. Mais ça n'aura jamais la force de
Beckett et sa tabula rasa. Et quant au flot verbeux, je préfère celui délirant de Joyce. C'est mon côté moderne. Je préfère à la construction la destruction. Ceci dit, j'adore ton écriture, mais
elle est plus du côté de l'insolence enchantée et de la concision japonaise. Sans rancune hein? :)


olivier 03/07/2008 00:17

bonsoir Thibault, réaction à chaud, je viens de lire ton commentaire et me retrouve à me promener sur ton blog. au même moment tu postes ces deux pages. J'apprécie la bonne énergie de tes collages, et ici le jeux minimaliste et plein d'humour des points têtes. à mon tour ça me parle. content de la rencontre.
olivier

Thibault Balahy 03/07/2008 00:36


Bonsoir Olivier. Alors la rencontre est fructueuse, ravi de cet échange. à bientôt.