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8 juillet 2008 2 08 /07 /juillet /2008 00:00


Humus, humilité, humble : même racine verbale. Venir de la terre, s'incliner, savoir ce que l'on doit au sol. Au-delà : être son propre humus, être fertile.

Les moutons de poussière sous les meubles, lits, fauteuils (je pense forcément à Man Ray et aux cultures de poussière de Duchamp l'insolent). Ce qui flotte et se dépose. Ce qui n'a pas de véritable forme ou de contour, plus infime que le sable. Savoir qu'on est fait de ça : un nuage d'atomes éparpillés dans l'espace (nuage d'inconnaissance). Comme les rais de lumière qui révèle les poussières en suspension, sans cela invisibles.
Dans les cultures précolombiennes on trouve le concept de miroir fumant ou de fumée miroitante. Une très belle image pour définir le réel, la maya...
Mais aussi ce qui est très concret ("concrete", le béton en anglais), ce qui traîne, à nos pieds, ce qui jonche, que l'on foule, que l'on méprise ou que l'on ignore. Poussière.

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Published by Thibault Balahy - dans carnets
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commentaires

quentin 09/07/2008 15:01

cet aspect de l'humus là, m'interresse..ce qui m'interesse aussi c'est le coté impermanence, l'alteration des choses vers un retour à la terre..je crois que dans l'objet il serait humble et interressant de vivre l'usure de laisser se dégrader les choses..mettre une nappe sur une belle table en chene c'est ne pas accepter le temps c'est luttter inutilement?

Thibault Balahy 09/07/2008 19:33


Je ne sais pas si la table en chêne est l'exemple le plus évident d'entropie (c'est affreux, je pense malgré moi à la table en bois massif rutilante style
"confo"!)mais c'est quand même une belle image pour parler d'une réalité recouverte, voilée. La mise à nue des choses est souvent source de connaissance, nous sommes en effet trop "pourris"
d'artifices, de peaux et de vernis pour ne pas oublier ce qu'il y a sous la surface. La destruction, l'effacement, l'usure comme tu dis, ça nous rapproche souvent de la nudité du monde. C'est
pourquoi j'aime observer la destruction, pas du tout par nihilisme mais par réalisme. Une destruction annonce toujours du nouveau, ou autre chose. Je pars du principe que tout est déjà là,
sous nos yeux. Il n' y a rien à faire sinon à dé-faire. Bon repos à toi Quentin et merci pour ta visite commentée.


makabey 08/07/2008 18:51

...des suspensions assez antalgiques même..
le dernier fait rapidement penser (les cheveux) au boulot de De Sagazan, qui bosse la terre, l'argile, le metal et le crin.

Thibault Balahy 09/07/2008 19:20


Antalgiques dis-tu? Je ne cherche pourtant pas à soigner une douleur quelconque. Par contre tu me fais découvrir Olivier De Sagazan, merci à toi. Son travail
n'est pas dénué de beauté (assez étrange) et d'intérêt mais c'est un peu trash pour que je fasse un lien avec mes petites têtes, sinon en effet du côté des matériaux... à la prochaine.