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19 mai 2009 2 19 /05 /mai /2009 23:52

Aldous Huxley, dans "Les portes de la perception", explique comment le petit ego tente d'échapper à ses propres limitations par le biais des drogues ou de l'alcool. Il note une volonté chez l'être humain de sortir de soi, comme dans une transe pour s'échapper de sa petite cage, élargir le champ de sa conscience. Bien sûr ce n'est qu'un moyen temporaire. Mais ça explique bien le phénomène de défonce.
Il y a une catégorie de gens qui sont dans la recherche de l'éclatement de leur conscience et du dépassement de leur corps. Presqu'au mépris de leur vie. Contrairement au lacher-prise de l'ego, du calme mental et de la concentration (qu'on trouve chez les Orientaux) et qui n'est pas dommagable au corps (bien au contraire); cette quête de "défonce" par le biais de substances matérielles fait payer un lourd tribut à l'organisme.
Des insectes qui s'affolent et se cognent à la lumière. Aveuglés.

Chacun cherche à saper un mur, à défoncer une porte. Je ne suis pas un gros buveur, et je me suis toujours méfié des psychotropes. J'ai un autre type de came. Pour moi, le dessin aussi est un moyen de sortir de soi-même. De briser un mur.

«Qu'est ce que dessiner? Comment y arrive-t-on? c'est l'action de se frayer un passage à travers un mur de fer invisible qui semble se trouver entre ce que l'on sent et ce que l'on peut. Comment doit-on traverser ce mur, car il ne sert à rien d'y frapper fort, on doit miner ce mur et le traverser à la lime, avec patience, à mon sens.» VINCENT VAN GOGH

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Published by Thibault Balahy - dans dessin
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commentaires

groseilv 25/05/2009 22:45

Merci pour cette citation de Van Gogh que je ne connaissais pas. Ton dessin est très expressif, il semble avoir été exécuté à jeun mais ton esprit devait être ivre de rythmes et de tonalités.

Thibault Balahy 25/05/2009 22:54


C'est exactement ça, je ne sais pas pour toi mais l'inspiration apporte aussi une ivresse bien réelle. La pratique va parfois (heureusement) avec une forme de
jubilation.


Nadège 25/05/2009 08:57

Trop bu, trop fumé... la "défonce" à parfois des vertus catharsistiques.
J'aime tout ce que je vois et tout ce que je lis ici.

Thibault Balahy 25/05/2009 11:35


Merci beaucoup Nadège. De toutes façons rien n'arrive par hasard, et d'un malaise peut sortir un bien. Les chocs sont parfois des préalables à la prise de conscience.
Et à mes yeux, la réalité entière (telle que perçue par nos sens) est une immense drogue. La mort est toujours une overdose de quelque chose.


François Matton 20/05/2009 09:52

Superbe ce dessin ! Bravo !

(A propos de ce que tu dis autour d'Huxley, je pense souvent à la tentative de Moebius-Jean-Giraud de mettre en place une façon de dessiner "sans ego" (il avait un peu théorisé ça à l'époque). Pure ligne claire tracée sans aucun impulsion, sans aucune implication. Il a reconnu que ce projet n'avait rien donné de bon. Il l'a abandonné. Et force est de constater que ce qu'il a fait de mieux correspond à sa période "défonces et expériences extrêmes diverses". Il y avait là quelque chose d'énervé peut-être, d'angoissé, de torturé, oui, mais aussi une jubilation et un humour qu'il a perdu par la suite.)

Thibault Balahy 20/05/2009 10:18



C'est pas la drogue qui rend génial, c'est celui/celle qui prend la drogue (s'il a ça en lui). Le problème c'est ensuite de ne pas pouvoir atteindre le même degré
d'intensité sans substance, à jeun. Le film Basquiat, de Julian Schnabel montre bien ce mécanisme où l'artiste se sent minable quand il est un dans un état sobre, comme s'il était déconnecté de
lui-même, sans intuition. (et là c'est le drame). et merci!