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25 juin 2009 4 25 /06 /juin /2009 10:03

 

La douleur est comme le désir : l'univers entier se réduit à un petit point de l'espace. Nous ne sommes plus qu'une portion de nous-mêmes. Un noeud.

Je suis en train de relire pour la énième fois la Philosophia Perennis d'Aldous Huxley (datant de 1945), je ne saurais que conseiller la lecture de cet ouvrage magistral où il étudie à travers tous les courants de pensées humains, toutes les formes de spiritualités et de métaphysique (je ne mets pas de s", il ne saurait y avoir plusieurs métaphysique, Huxley montre d'ailleurs à quel point toutes se confondent et s'unissent autour d'un seul objet) comment le seul véritable moyen d'accéder à une connaissance non viciée de soi et du monde passe par un renoncement à l'ego.

C'est de là qu'il faut partir, de ce que tout le monde connaît (comme le point de départ du Bouddhisme a été le constat de la souffrance) plutôt que de propos nébuleux concernant une transcendance lointaine (et qui peut être le fondement de dogmes violents et séparateurs voire d'intégrisme). On peut analyser l'échec de la religion (et notamment catholique) comme une incapacité chez elle à répondre aux problèmes de l'ego. Qu'est-ce que l'ego? C'est la seule question qu'on devrait se poser.

Il est symtomatique de voir que les grandes questions chez les intellectuels sur l'identité humaine se sont posés aux moments de crise du  XXème siècle (Jusqu'aux années 50 : existentialisme et absurde). Depuis que s'est-il passé?
N'est-on capable de rien d'autre que de questionnements sur le comment (identités modifiées par la science, génétique, médecine, sociologie) et plus vraiment sur le pourquoi? C'est parce qu'il y a un vide sur le plan de la métaphysique que les intégrismes et mouvements sectaires new age peuvent fleurir à notre époque. Pour ceux qui se plaindraient d'absence contemporaine de repaires, la lecture de Huxley pourraient être d'un grand secours.
Il n'y a jamais eu une époque où il a été facile de savoir ce qu'est l'ego, ni qui l'on est.

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Published by Thibault Balahy - dans dessin
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commentaires

POP 28/06/2009 18:16

J'ai particulièrement apprécié le statut du "soi" dans l'oeuvre de Sartre et plus particulièrement à travers, "les mots" "l'être et le néant" et "la transcendance de l'égo", d'ailleurs j'aime particulièrement l'expression qui figure dans les mots "être soi-même comme un autre"... ou la fameuse phrase de rimbaud aussi "je est un autre".
Le monde d'aujourd'hui ne nous fournit plus de repères et pour autant devons nous persister à les lui demander plutôt que de construire les nôtres ? Au lieu de s'enfermer dans l'égoïsme spirituel ou se perdre dans le culte du bien-être n'est ce pas la véritable aventure d'affronter la réalité et plus que tout rendons à l'art et à la poésie leur place centrale : celle d'être la seule expérience qui puisse peut-être aujourd'hui nous éveiller.
Bref je suis curieuse et je lirais volontiers l'ouvrage dont tu parles.

Thibault Balahy 29/06/2009 09:40


L'art et la poésie sont un lieu privilégié pour trouver qui est ce je en effet. Pas le seul mais celui qui par son questionnement artistique (foncièrement
subjectif) donne des pistes parfois universelles est peut être plus bénéfique que certaines formes de discours religieux ou spirituels. Becktt apporte une approche à la fois contemporaine et
intemporelle pour penser ou réfléchir sur la difficulté d'être par exemple. "l'être soi comme un autre", c'est Milan Kundera qui l'a bien expliué dans un de ses romans (celui dailleurs où il
taille un short à Rimbaud et à la vision romantique du poète, si je me souviens bien).
Il me semble que "l'égoïsme" artistique est souvent une voie pertinente pour être "universel", plus c'est personnel (avec l'honneteté et la rigueur que ça demande de se regarder fonctionner de
façon interne) et plus ça parle de tout le monde.
Rencontrer l'art, une oeuvre, un artiste, c'est sans doute se retrouver dans le reflet produit par un autre (jusqu'à parfois le faire sien).


baskar 25/06/2009 15:49

I follow your blog and look forward to your posts every day, though I don't comment here because I don't have anything relevant to say.

However I want to tell you that I enjoy your posts, and Iwish you well.

Regards,

Baskar

Thibault Balahy 26/06/2009 09:59


Thank you Baskar for your silent and dayly reading.