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16 juillet 2012 1 16 /07 /juillet /2012 00:37

 

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Exercices de contraintes / apprendre à désapprendre


Exercices à faire pour se libérer des habitudes, tics graphiques, pour expérimenter des façons plus brutes et plus expressives de dessiner, comme un enfant, sans idée pré-établie de ce qu'il faut faire ou ne pas faire. Le but n'étant pas de faire de "beaux" dessins (quoi que) mais d'expérimenter une spontanéité et une liberté de geste qui permet de renouveler son approche du dessin.

L'idéal étant, après coup, de pouvoir "reproduire"" cette liberté dans son dessin, sans avoir à reproduire pour autant les contraintes. Cette fameuse liberté qui est très dure à retrouver tant on est conditionné par tout ce qu'on apprend (qui est parfois un bien mais aussi parfois un mal, une manière de faire que nous n'arrivons plus à contourner). Ce genre d'exercice se transforme assez vite en un joyeux bazar, mais il est bon parfois de se rappeler la part de jeu propre au dessin et la présence du corps dans son entier.

Il est conseillé pour tirer pleinement profit de ces exercices de ne pas faire de dessin de mémoire ou de fantaisie (lieu même de tous les défauts et tics, recettes) mais plutôt de dessiner par l'observation d'une base réelle, face à vous (une personne, un objet, mobilier...).

Seul :

- dessiner à l'aveugle, les yeux fermés (après avoir regardé un modèle). Le trait subit des décalages, une perte des repères.

- observer attentivement un modèle, l'occulter, puis le dessiner de la façon la plus détaillée (un bon travail pour la mémoire visuelle).

- dessiner avec la main gauche pour les droitiers et avec la droite pour les gauchers (un classqiue).

- dessiner sans relever le crayon ou le feutre, le trait devenant une ligne unique, sinueuse et entremêlée (un autre classique aussi).

- dessiner avec un outil peu adapté (trop gros ou trop petit). Intégrer l'accident ou la gêne occasionnée.

- fabriquer son outil (par détournement : utiliser par exemple une éponge, une petite voiture...) ou bricoler un calam (avec du bambou, un tube de plastique creux...).

- accrocher une feuille assez en hauteur pour devoir sauter pour l'atteindre.

- dessiner au sol en suspendant un feutre ou un pinceau au bout d'un fil.

- accrocher sa feuille sous la table et dessiner à tâton sans pouvoir contrôler son trait.

 

A deux :

- l'un dessine les yeux fermés, l'autre décrit ce qu'il doit dessiner (mais sans nommer les parties, matières, mais en restant assez vague : qualités formelles, de texture. "C'est dur, c'est mou, c'est petit, fin...).

- l'un dessine les yeux fermés, l'autre le guide dans l'espace de la feuille (droite, gauche, haut, bas, en diagonale, stop...).

- l'un dessine les yeux fermés et l'autre le fait dessiner en guidant sa main. Le dessinateur se laisse mener et rentre dans la logique de l'autre (on peut aussi faire cet exercice en ouvrant les yeux ou bien "l'aveugle" peut résister en une sorte de bras de fer).

- l'un dessine, l'autre fait bouger son support.

- l'un dessine et l'autre le bouscule, le mettant dans un sentiment d'urgence et d'insécurité.

- dessiner simultanément les deux parties symétriques d'un objet (ou un visage par exemple), celui qui est à gauche fait la partie gauche et celui à droite, la droite. On peut accentuer les différences en utilisant chacun un outil / couleur différent.

- dessiner en occupant l'espace d'un support de façon harmonieuse, en occupant les vides laissés par l'autre.

- dessiner en se disputant le territoire de la feuille : superposition, occultation, recouvrement.

 

A plusieurs :

 

- Chacun pose sa feuille devant lui et face à un  modèle. Chacun a un outil différent, une couleur différente. En tournant relativement vite, on dessine chaque fois un fragment de ce que l'on voit, continuer la "ronde" jusqu'à ce que chacun ait un dessin fini sur sa feuille.

- Constituer deux groupes qui dessinent la même chose. Chaque groupe s'échange ce qui a été produit et chacun corrige (avec une autre couleur) le dessin récupéré.

- d'autres idées que j'oublient ou que vous inventerez.

 

Conclusion :

 

Ici, pas de bons ou de mauvais dessinateurs, on reprend tout à zéro. Pour avoir expérimenté plusieurs fois ces exercices, le plus difficile est de retrouver cette fraîcheur dans les productions contrôlées qui suivent. On a tendance à retomber dans les mêmes ornières. Donc il faut s'évertuer de temps en temps à apprendre à désapprendre (comme le dit si bien la pensée Zen). Ce genre d'exercices peut décomplexer certains et désorienter d'autres. De même que les séances de nu révèlent parfois des blocages chez certains "bons" dessinateurs et des révélations chez des soi-disants "mauvais". Et oui, il est dur (mais aussi jubilatoire) de représenter ce qui est face à soi, en présence. Et de ne pas oublier de se représenter dans le même geste.

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Published by Thibault Balahy - dans dessin
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