Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
9 décembre 2013 1 09 /12 /décembre /2013 10:04

headless.jpg

Partager cet article
Repost0
17 octobre 2013 4 17 /10 /octobre /2013 11:56

selfportrait.jpg

Partager cet article
Repost0
2 juillet 2013 2 02 /07 /juillet /2013 23:55

Sun

sun-head.jpg

 

      Pierre, eau.

 

 

 

"Il est le feu et le soleil;

Il est la lune et les étoiles,

Il est l'air et la mer.

Il est ce garçon et cette fille;

Il apparaît dans un nombre de formes infini.

Il n'a ni début ni fin.

Il est la source de toutes choses.

Chaque être vivant est distinct et différent. 

Mais lorsque nous levons le voile de la différence,

Nous voyons l'unité de tous les êtres."

 

Svetasvatara Upanishad

Partager cet article
Repost0
25 juin 2013 2 25 /06 /juin /2013 18:26

Intuitions éparses

 

 

Ce que le dessinateur ignore, son dessin le sait. Et ce n'est qu'en le faisant qu'il peut le savoir.

 

Dessiner c'est être le témoin et le secrétaire de sa propre vie intérieure.

 

Chaque geste sur la page doit découler d'une nécessité. Comme un édifice en équilibre ( où retrancher un seul élément provoquerait la chute de l'ensemble).

 

L'encre est un fluide vital comme le sang. Un dessin réussit finit par vivre.

 

Un dessin est un ensemble de traces en un certain ordre assemblé. On pourrait dire aussi une cartographie, le déplacement de la main et de la pensée dans un espace et un moment donné.

 

Ce qui fait la force d'un dessin c'est qu'on ne puisse pas en parler. Qu'il nous cloue le bec.

 

Paradoxalement, alors même que le dessin devrait être le domaine attitré du visuel, il me semble qu'il a presque plus à voir avec le tâtonnement de l'aveugle et de sa canne. On palpe des contours invisibles dans le visible. Comme si on avait une image en tête, une matrice aveugle ou aveuglante qu'on tentait bon gré mal gré de fixer sur la feuille avant qu'elle ne s'échappe. Les comédiens répètent pour cerner leur personnage, les dessinateurs dessinent pour dégager leur regard.

 

Deviens ce que tu dessines. Dessine ce que tu es.

 

Dessiner est deviner.

Partager cet article
Repost0
25 juin 2013 2 25 /06 /juin /2013 17:45

bunker.jpgJe cherche une manière pour parler de ruine et de destruction.

Partager cet article
Repost0
23 juin 2013 7 23 /06 /juin /2013 23:03

L'oeil poétique

 

 

"Ce qu'il faut souligner c'est non pas les différences mais au contraire les ressemblances."

Jean Dubuffet, L'homme du commun à l'ouvrage.

 

 

 

Dans une société et une culture qui ont tendance à tout segmenter, sectoriser, séparer... le poétique peut être (entre autre) ce qui rapproche et crée du lien. Il est bon de dresser des ponts, souligner des analogies, dessiner la métaphore pour retrouver l'un dans le multiple.

 

Ainsi, un chien est un dieu et dieu est un chien (Dog is a god, God is a dog). Rien n'est ce qu'il semble être. Tout est bien plus qu'il n'y paraît. Les enfants savent cela, les poètes et les fous aussi. La beauté naît souvent du fait que l'on détruit l'écorce de la réalité pour en révéler l'amande. On peut aussi s'en tenir aux faits mais le dessin n'est pas qu'une question de reproduction des apparences sinon celle de la production du sens. 

 

Si on prend la réalité à l'échelle moléculaire, ce sont les mêmes atomes (pixels) qui composent une chose petite ou grande, radieuse ou immonde, importante ou insignifiante. Donc, si l'oeil qui contemple le monde le fait de façon égale, en dépassant les limitations du nom et de la forme, tout devient possible. L'oeil devient poétique et pourquoi pas prophétique. Il faut voir au-delà. La poésie est le champ laissé par la nécessité et les usages. Là où est la gratuité, l'inutile et le fortuit est la vraie richesse. Et c'est bien pour cette raison que notre époque manque si cruellement de poésie (tant elle idéalise l'efficacité, la rentabilité et l'immédiateté). C'est bien pour cela que le monde a rarement été aussi pauvre.

 

Pourquoi a-t-on autant insisté sur des différences, jusqu'à créer du ghetto mental, des ethnies de la pensée? La conséquence est connue : diviser pour mieux régner. La systémisation du rejet et une identification resserrée, un repli sur soi. Et la cause est profonde, ancienne. C'est le sentiment de séparation. 

Si on cherche les modèles de notre civilisation on trouve l'anthropocentrisme issu de la renaissance et "l'homme se rendra maître et possesseur de la nature" d'un Descartes. Ce qui est actualisé par l'utilisation faite de la science et de l'industrie jusque dans le modelage des espèces vivantes. Et ce n'est pas parce que le monde entier suit maintenant cette logique que son postulat de base est juste.

 

A voir le sort réservé aux cultures tribales et animistes, à l'éradication de toutes formes alternatives de société, on peut se douter du rapport de force qui se joue entre le faux et le vrai. Celui qui est dans le vrai et le juste ne craint personne et n'a pas à détruire pour exister. On détruit ce dont on a peur, ce que l'on ne veut ou peut voir. C'est l'ignorance et l'erreur qui causent le plus de maux.

 

Dessiner ne nous oblige pas à reproduire cette erreur, bien au contraire. Un regard plus attentif nous révèle cette parenté cachée derrière le masque des différences. Il faut retisser des liens, des similitudes qui font dialoguer les catégories (inventions commodes au tri, à l'inventaire, au classement). Cassons les tiroirs dans lesquels on nous a rangé. Défonçons les cloisons dressées arbitrairement.

 

Quelles sont les différentes analogies possibles dans la pratique du dessin? J'en oublie peut être mais je vois celles-ci :

 

 

Analogie formelle : celle qui saute le plus facilement au yeux, la plus évidente. Une carte / un réseau sanguin, une rivière / une veine, deux trous / un regard... Le déplacement rêveur de la main et de la pensée s'y prête assez facilement. Certains graffitis exploitent parfois ce principe. C'était également un des premiers principe de conception de certains motifs pariétaux qui s'intégraient littéralement à une forme de cavité particulière pour souligner la silhouette ou le dos d'un animal. Comme si le lieu même appelait, invitait un artefact à survenir, le légitimant et le justifiant.

 

Analogie symbolique : Pour transposer un domaine éloigné du graphisme : une éclaboussure / un son violent. Pour signifier une blessure : une coulure d'encre. Il y a aussi la possibilité de la métaphore, fort comme un lion, fragile comme une fleur... On colle les qualités propres à une chose sur une autre.

 

Analogie spatiale : Mettre sur un même support, dans un même espace deux réalités différentes. Le simple rapprochement constitue une sorte de mystère, d'enquête à résoudre que le regardeur tentera spontanément de résoudre. On peut dans ce cas choisir de mettre côte à côte soit deux choses comparables ou bien antagonistes, opposées, voire paradoxales.

Dans le cas du dessin légendé ou de la bande dessinée (rapport texte-image), on peut aussi faire dire par le dessin l'inverse de ce que dit l'écrit. Car le lien vient parfois du rapprochement des contraires ("Ce qui est en haut est comme ce qui est en bas" comme le dit la tradition Alchimique).

 

Analogie par le truchement du hasard : c'est le principe du collage surréaliste ("Beau comme la rencontre fortuite  sur une table de dissection d'une machine à coudre et d'un parapluie." Lautréamont). Des rapprochements-accouplements sont établis de façon arbitraire et automatique révélant parfois un nouveau sens de lecture. La technique du cut-up, popularisée par Burroughs, amène des effets similaires. L'analogie étant faite (ou pas) dans un second temps et non pas préalablement.

 

Analogie par l'acte : la performance ou l'action painting de Pollock ont ouvert cette voie. On ne reproduit pas, on agit. On passe du figuré au littéral. Comme de dire le feu par le moyen même du feu par exemple (dessiner avec la flamme). Dire la destruction en détruisant littéralement : déchirer, gratter, froisser... C'est une manière d'être au plus proche de l'expression d'un sentiment ou d'une idée avec la redondance de dire deux fois, de deux façons complémentaires une même chose.

 

 

Recourir à l'analogie permet de confronter-rapprocher deux choses apparemment opposées ou différentes, ou sinon d'évoquer des états d'entre-deux (minéral/humain, animal / végétal, animal / humain). La métamorphose, l'hybridation étant des moyens de le signifier.

 

C'est sans doute pour cette importance de l'observation attentive et de la capacité à relier que les anciens faisaient de l'étude de la nature leur véritable maître (que ce soit en médecine, technique, pensée, art). C'est toujours le cas aujourd'hui même dans les aspects les plus high tech de la science où on "modélise" certains aspects du vivant. A la différence que le résultat sera opposé que l'on se sente maître et possesseur de la nature ou simplement partie ou serviteur. Que l'on soit emprunteur ou voleur. Le problème n'est pas tant ce que l'on fait que qui l'on croit ou pense être.

Si on se sent séparé des autres et du monde il faut aussi savoir en payer le prix : une guerre incessante contre soi-même. L'impossibilité de la paix et de l'harmonie.

 

Partager cet article
Repost0
29 mai 2013 3 29 /05 /mai /2013 17:48

 

 

 

L'archer 

 

 

On a souvent parlé de l'orient et de l'occident comme de deux pôles opposés et complémentaires : avec d'un côté et de l'autre la contemplation et l'action, l'intériorité et l'extériorité, le lâcher prise et le volontarisme.

 

Le dessinateur pourrait être ainsi comparé à un archer.

 

En occident, l'archer est concentré sur le centre de la cible. C'est la volonté qui est mise en mouvement et ne pas toucher la cible équivaut à un échec. Toucher le centre, c'est toucher la perfection. D'où une longue tradition du chef d'oeuvre où rien d'autre n'est visé que la maîtrise. Ainsi le dessin et toute forme d'art se résume à une démonstration de force.

 

Alors qu'en Orient (et plus précisément dans l'art Zen du tir à l'arc) l'archer ne cherche pas à atteindre le centre de la cible sinon l'instant parfait de son union avec l'univers. Ce qui est visé est interne, c'est le soi. Ce qu'on voit à l'extérieur (l'arc, le bras tendant la corde, la posture du corps) n'est que la traduction d'une profonde méditation. Si tout est harmonisé, souffle, corps, esprit, geste, la cible peut être atteinte. Mais ce qui conditionne la réussite n'est pas la cible mais plutôt l'état intérieur. Dans l'art du Kyudo, on peut toucher la cible mais rater son tir. D'ailleurs, il est éloquent de comparer les deux types de cibles (occidentale et orientale) et l'on constate que lorsque le centre est souvent marqué d'un point en Occident, il est signalé par un cercle vide au Japon.

 

En suivant cet exemple on peut donc distinguer deux façons de se tenir face au dessin : une volontaire et l'autre faite de lacher prise. Qu'est-ce que cela sous-entend?

 

Dans le premier cas, ce qui est souhaité c'est la maîtrise, la répétition de gestes contrôlés qui permettront de construire un édifice plus ou moins prévisible et précis. Le hasard ou l'accident seront vécus de façon négative dans cette perspective. Une image préalable est présente à l'esprit et cherche à s'incarner de la façon la plus fidèle. On peut parfois aboutir ici à une forme de classicisme. C'est un art de l'intellect et de l'affirmation de soi. La projection de soi, telle une flèche, à l'extérieur. Dessinateur et dessin étant distinctement séparés.

 

Dans le second cas, le dessinateur se laisse traverser par une énergie (son travail à lui étant d'éliminer le plus grand nombre de freins et d'obstacles) pour que le dessin se fasse de lui-même, d'une certaine manière. Ou plutôt, le dessinateur ne présume pas de ce que sera ou ne sera pas le dessin à venir. Il le découvre dans l'instant. Il ne cherche pas à imposer sa volonté, en tous les cas il laisse un maximum de place au "vouloir" propre au dessin (on pourrait rajouter également le vouloir propre de l'outil et du support). Dessinateur et dessin ne font plus qu'un. L'esprit est projeté comme une flèche vers l'intérieur. S'en suivent effacement et dépouillement.

 

Qu'est ce que cela sous-entend? 

Que le dessin est une réalité extérieure à soi ou qu'il est déjà-là, au fond de soi? Que le dessin révèle le monde ou qu'il nous révèle nous-mêmes? 

 

Le dessin contient ces deux possibilités, intérieure et extérieure. On peut choisir l'une ou l'autre voie et on peut aussi se tenir au milieu, empruntant à l'une et à l'autre réalité. D'ailleurs, il faudrait dire à quel point l'orient a inspiré l'art moderne et contemporain. A quel point l'action painting de Pollock doit à la calligraphie et aux arts martiaux. Parfois cette influence est assumée et affirmée, d'autres fois elle est inconsciente mais pourtant flagrante (comme les peintures idéogrammes de Franz Kline). Voilà sans doute pourquoi le goût du vide, de l'épuration, de l'éphémère baignent les arts pendant tout le XXème siècle.

 

Pour approfondir cette histoire de cible, et donc de cercles, me revient le souvenir d'un de mes professeurs qui pour illustrer ces deux façons antagonistes de créer (et de concevoir le monde) avait pris l'exemple de deux schémas tracés au tableau.

En occident, l'anthropocentrisme place l'homme au centre du cercle qu'est l'univers. L'individu-ego devenant la mesure de toutes choses, mais par là-même un atome isolé. Rappelons le Cartésiannisme de "l'homme se rend maître et possesseur de la nature" et le "cogito ergo sum".

En Asie (mais aussi dans toutes les cultures dites primitives et ancestrales) : un cercle seul, sans centre. Les êtres humains (ainsi que toutes les autres réalités du monde) sont tous un des points qui constituent ce cercle. Cassant ainsi la hiérarchie entre l'un et l'autre, ne gardant que l'un. D'où un sentiment de fusion avec chaque aspect de l'univers.

 

Cet exemple m'a frappé par sa simplicité qui pourrait paraître caricaturale mais qui contient une vérité évidente. 

Comme si un partie de l'humanité devait se réconcilier avec l'autre pour retrouver son équilibre et son harmonie. Extériorité et intériorité. Le Yin et le Yang.

 

Dessiner pour mieux voir le monde. Dessiner pour mieux y voir en soi. 

Dessiner c'est être le témoin et le secrétaire de sa propre vie intérieure.

Partager cet article
Repost0
27 mai 2013 1 27 /05 /mai /2013 15:49

prince1.jpgprince3.jpgprince2.jpg

 

 

"Le petit prince", dessin réalisé avec Alban, techniques mixtes sur papier marouflé sur toile, 50x50 cm.

(l'image centrale est cliquable pour aggrandissement).

Partager cet article
Repost0
9 mai 2013 4 09 /05 /mai /2013 00:50

La fabrique des visages

 

Pour l'oeil attentif, le monde est une chose fascinante. Observez une foule, observez cette marée humaine, puis les visages, un à un. Pas un qui soit identique à l'autre. Et ce depuis que le monde est monde : comme une mer qui se déploie en une infinité de vagues, chacune étant composée de la même eau mais chacune ayant ses caractéristiques propres. Si bien qu'au cours des siècles, la réalité n'a pas épuisé les possibles.

 

La réalité est une usine à tronches mais qui aime la diversité. Comme la nature qui ne répètent jamais la même forme, y compris au sein d'une même espèce. Bien sûr, il semble se dégager des tendances. On a l'impression de pouvoir regrouper certains traits dans certaines familles. Mais combien de familles? Enormément.

 

Pour l'oeil paresseux, on ne voit pas bien les différences, surtout quand il s'agit de l'autre, celui qu'on connaît mal. Combien de fois n'entend on pas dire que les Asiatiques ont tous la même tête, ou les Africains. Et inversement, pour un Africain ou un Asiatique, les Européens auront tendance à avoir tous la même tête. Rien de plus faux. Chaque endroit de la planète a ses familles de visage, avec à l'intérieur encore des variations. Sans parler des métissages possibles, le visage est tout à la fois multiple et unique.

 

Par conséquent il faut tenter dans son dessin de respecter cette diversité et faire en sorte de donner son visage à chaque chose. De renvoyer à l'un et au multiple. Un faciès est une signature ou l'indice de ce qui se cache derrière. Pourquoi se limiter dans la façon de représenter une personne. Chaque visage est une rencontre et chaque rencontre donne un visage. 

 

Et c'est un défaut chez certains dessinateurs, tout du moins une tendance (notamment dans la phase d'apprentissage) que de simplifier, calibrer, typer leurs traits. Comme si on avait l'impression d'avoir saisi une bonne fois pour toutes comment faire un nez, une bouche, des yeux.

Il ne faut pas se contenter du permier visage venu, testez-en d'autres et d'autres et d'autres. On a tendance à trop vouloir 

représenter de beaux traits, frottons nous aussi à la laideur, la difformité, la vieillesse. Tout ce qui fait aussi partie du tableau. Si vous avez du mal et retombez dans des schémas trop bien huilés ou appris, ou encore trop influencés par tel ou tel inspirateur, sortez dehors et ouvrez les yeux. Regardez les gens.

Les visages sont comme une pâte à modeler, appréciez toutes les variations possibles, à commencer par votre propre tête.

Et si ça ne suffit pas, prenez un carnet de croquis et dessinez-les dans toutes leurs différences et dans la beauté de leur unicité. Faire son autoportrait est un bon exercice également.

 

Un visage peut faire peur, émouvoir, étonner, faire rire. Il n'est pourtant que la face visible d'une réalité plus complexe. Il peut parfois tromper aussi. L'extérieur pouvant dire le contraire de ce qui se passe à l'intérieur.

 

 

Partager cet article
Repost0
7 mai 2013 2 07 /05 /mai /2013 00:14

 

seed.jpg

 

 

Pierre creusée, terre, pousse de chêne.

Partager cet article
Repost0