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16 avril 2012 1 16 /04 /avril /2012 14:03

jungle.jpg

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5 avril 2012 4 05 /04 /avril /2012 21:21

 

 

casa

 

Vous avez peut-être déjà vu ce paysage. Mais où?

 

J'ignore d'où viennent les images, dans quelle région naît un dessin. J'aimerais redire à quel point je l'ignore et comment j'ai du mal à être sûr de mon coup, même avec l'expérience. Je ne suis pas assez maître de mon dessin (sans doute que je ne le souhaite pas vraiment) pour décider de façon réfléchie ce que va être tel projet, telle affiche, telle image.

Je trouve à tâton, je cherche, je fouille, je recycle. Ce dessin est un exemple d'une image qui est allée ailleurs que prévue. Rarement, une image s'impose à moi. La plupart du temps je la guette à travers plusieurs avatars et puis d'un coup elle surgit : je la reconnais. Un peu comme ce sentiment étrange du déjà-vu.

Il faudrait dire aussi l'importance qu'a pris un logiciel comme photoshop et qui m'aide à repenser le dessin, dans tout ce qu'il a de plus potentiel, de déclinable. Et du montage qu'il permet.

Une image vient parfois de loin, et de loin en loin on s'en approche. Le dessinateur cherche l'image parfaite, celle qui est le reflet parfait de ce qu'il avait entrevu, de ce qu'il a en tête. Y arrive-t-il jamais?

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1 février 2012 3 01 /02 /février /2012 22:44

snow.jpg

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24 janvier 2012 2 24 /01 /janvier /2012 13:10

La vertu de l’imitation

 

Giacometti passait de longues heures au Louvres à reproduire des œuvres qui le touchait. Il y a beaucoup à apprendre de ses aînés, à toutes époques, parce que ce sont des réponses éternelles à des problèmes éternels : donner une forme à une idée. Remplir une surface. Composer. Synthétiser ou ne pas synthétiser. Simplifier. Enrichir de détails.

Seule la sensibilité change, la chose qui fait face est grosso modo la même : rendre compte avec des moyens graphiques (l’infographie n’épuisant pas le problème) du visible. Imiter le visible, partir de lui, quitte à le travestir ou le déformer par la suite. Il faut bien partir de quelque chose.

 

Il y a deux voies dans l’imitation : celle des apparences et celle de ses semblables. Les deux sont des préalables complémentaires à « l’invention » de sa propre écriture. Le meilleur maître de dessin étant le monde lui-même qui à sa façon dessine, se donnant forme à lui-même. Copier la nature, se mesurer à elle, n’est-ce pas la naissance même de l’art? Tout dessin est en quelque sorte une réponse donnée à la stupéfaction de voir et à ce qui est vu.

 

Imiter le visible

 

Il faut s’entraîner à dessiner à partir de la réalité, à partir de quelque chose (pour un jour pouvoir éventuellement s’en passer). Le sens de l’observation doit être directement relié à sa retranscription sur le papier, tel un sismographe. L’enjeu n’est pas tant la ressemblance que la relation au modèle. Que ce soit par ce qu’on appelle le dessin d’après nature (menant à la nature morte par exemple) ou le croquis d’observation (sur le vif, comme on dit), le portrait d’après modèle, le nu, l’étude d’un squelette…

Personnellement, je crois beaucoup au carnet de croquis pour faire ses armes. On le fait suivre où que l’on aille et on y dessine quand on a une émotion particulière (l’idée n’étant pas de dessiner pour dessiner mais en s’accrochant à un climat, une émotion). Au café, dans les rues, chez soi, dans les bois. Les gens, les arbres, les architectures, les animaux. Bien qu’on puisse faire ça aussi dans un esprit de détachement et de neutralité, presque comme un scientifique ou par devoir. Répertorier, lister.

Plus on est assidu dans ce « devoir » (il est dur de garder le rythme, se discipliner dans ce qui ressemble au début à une contrainte avant de devenir un véritable plaisir) plus on progressera. Comme l’apprenti écrivain, il y a une étape où il faut faire face à sa propre maladresse. Tout sonne faux, tout est bancal. Il faut s’entêter pour dépasser cet écoeurement (qui peut refaire parfois surface, quel que soit son niveau).

S’il est vrai qu’on doit se nourrir de tout ce qu’on voit (œuvres, références), il est vrai aussi que notre œil est pollué par toutes sortes de tics, de clichés. Dessiner sur le vif est justement une occasion de se dépolluer en étant attentif à la réalité elle-même plutôt qu’à une image mentale pré-fabriquée. Une opportunité de corriger les erreurs de proportions, les approximations et d’enrichir sa mémoire visuelle.

L’autre avantage du carnet : tout est compilé en un même lieu, on a ainsi une lecture longitudinale, un flux de temps, qui met en relief les évolutions, variations, succès, rechutes. Le carnet n’est pas un but en soi, juste un moyen, ne pas chercher à en faire un objet « parfait ». C’est plutôt un laboratoire où tenter des choses, une sorte de crash test.

 

Il est à noter que la main et le cerveau ne sont pas des machines et qu’il y a un jeu (au sens d’écart) entre l’image qu’on a à l’esprit et sa projection dans le domaine du visible. Il faut faire avec et c’est tant mieux. Dans Lost Highway de David Lynch, le héros dit qu’il n’aime pas les photographies, qu’il préfère se rappeler des évènements à sa manière. De toute façon, toute représentation est une déformation, une reconstruction. Est-ce que tout art n’est pas dans ce simple écart ?

 

Imiter ses semblables


Imiter d’autres artistes qui ont eu à se poser des questions identiques à soi est aussi un exercice formateur. Rentrer dans un dessin et dans sa logique. Se mettre à la place de. Et on peut imiter une œuvre de façon extérieure ou intérieure. Recopier une forme sans la comprendre ou partager une façon de voir, rentrer en résonnance avec une sensibilité. La deuxième voie étant la plus intéressante.

 

Ainsi on peut se projeter dans des styles et des techniques assez éloignées de soi. Et au début, quand son style n’est pas forgé, c’est justement une façon pour commencer à emprunter aux uns et aux autres pour savoir où on veut et ne veut pas aller. Plus on se promène chez les autres et plus nos « visites » et copies ne sont pas exclusives, plus on a de chance de ne pas copier un maître particulier jusqu’à le pasticher. Peu à peu, on apprend quelle position on va camper soi-même.

Il faut être curieux de tout pour diversifier ses sources d’influences et d’inspirations.

C’est en quelque sorte comme si les travaux des aînés était un terreau, une nourriture. Personne ne s’invente tout seul, de lui-même, à partir de rien. Le résultat final sera un subtil montage et mélange de ces nutriments d’origines diverses.

Ce mixage est propre à chacun, c’est votre histoire. Une même œuvre n’aura pas le même sens et le même impact selon qui la regarde et avec quoi il va la mettre en relation (dessin artistique / publicitaire / scientifique / cinéma / photo, etc).

On voit bien, par exemple, comment les planches anatomiques découvertes dans son enfance ont durablement inspiré Basquiat.

Il importe d’insister sur le fait qu’il n’y a pas d’aliments « impurs » ou inintéressants. Tout est potentiellement fertile. Ce sont des hybridations formelles qui vont créer une nouvelle forme de beauté. Tout est déjà là sous nos yeux, ce qui change c’est la façon qu’a chacun de créer des liens entre ces différentes réalités. Le seul dommage serait de ne se nourrir que d’un type bien précis d’aliment, ce qui limiterait l’ouverture et l’originalité.

Une fois toutes ces nourritures digérées, assimilées, il en ressort un corps neuf : votre dessin. On imite en recopiant fidèlement au départ et en regardant beaucoup (reproductions, expositions). C’est comme cela, qu’enfant, on se forme un vocabulaire formel : une voiture, un arbre, un cheval, une main, un avion.  Par accumulation on invoque des figures dans son esprit et la mémoire les stocke.

Ensuite on est capable de le refaire de tête, on l’a intégré.

Plus tard viendra un moment où vous serez plus concentré sur votre propre travail mais il me semble que lorsqu’on sait qui on est, on n’a plus peur de se perdre. Donc l’observation des autres et du monde peut vous nourrir durant toute votre existence.

 

 

On évitera juste de s’imiter soi-même, ce qui est une sorte d’impasse et marque une stagnation. On y remédie en regardant les images faites par d’autres et en se remettant sans cesse en question à travers une attitude prospective.

 

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3 janvier 2012 2 03 /01 /janvier /2012 21:29

NON

sarkonon.jpg

 

 

                                                        BONNE ANNEE 2012 ET MEILLEURS VOEUX A TOUS

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25 décembre 2011 7 25 /12 /décembre /2011 11:00

fukushima2.jpg

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23 décembre 2011 5 23 /12 /décembre /2011 11:37

alban-tibo.jpg

 

Alban dessine avec son père...

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21 décembre 2011 3 21 /12 /décembre /2011 12:30

oil.jpg

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8 décembre 2011 4 08 /12 /décembre /2011 15:51

 

Le dessinateur est acteur

 

 

Je viens de voir un entretien avec Edmond Baudoin dans lequel il dit : si je dessine un cheval, je dois devenir le cheval. Rien ne me semble plus vrai.

 

Comme un acteur, on est amené à endosser toutes sortes de rôles lorsque l’on dessine. En tous cas, si l’on veut dessiner de façon honnête et vivante, il me semble qu’on y est poussé. Je sais que je fonctionne ainsi et cela ne m’étonnerait pas que d’autres en fasse de même, tout comme Baudoin.

 

Si je dessine un monstre, je cherche en moi le monstre. Si je dessine un arbre, j’essaie de penser comme un arbre. Si je dessine un enfant, je suis l’enfant. Je suis ce qui apparaît sur la feuille. Pourquoi ? Pour donner un accent de vérité aux formes. Je me surprend parfois à grimacer en dessinant, ce qui se passe sur le papier transparaît sur mon visage : excitation, frémissement, fragilité, sourire...

 

Notre regard ne peut pas être neutre, vide comme celui d’une caméra de surveillance. Il faut avoir de l’empathie pour ce qu’on dessine, « se mettre à la place de ». Dessiner est une façon d’incarner une présence, quelle qu'elle soit. Et de projeter à l’extérieur ce qu’il y a à l’intérieur. Dessiner = jouer, interpréter. La comparaison avec le théâtre ne s’arrête pas là. On pourrait parler de gestuelle, de façon d’occuper un espace, de cris ou de chuchotements. Même si ce n’est pas toujours visible dans le résultat final, tout le corps participe à cette tache. La page devient comme un miroir dans lequel on fait des grimaces.

 

Le dessin est un résidu d’un moment de dessin, d’une émotion. Il faut donc apprendre à jongler avec ces émotions et à les accepter dans leur diversité, san établir de hiérarchie. Tristesse ou gaieté, révolte ou paix. Un bon dessinateur prendra autant de plaisir à dessiner un cadavre qu’un nouveau-né, il n’y a là rien de bien ou de mal. Et le dessin se parfait dans le temps pour des raisons techniques (jusqu’à une certaine maîtrise des moyens) mais aussi par les expériences multiples qu’on a vécu. La vie amène profondeur et humanité à ce qui pourrait n’être que formel.

 

 

Ce qui pourrait paraître comme une posture pseudo-mystique de fusion avec les choses renvoie de toutes façons à une réalité, il faut se glisser dans la peau des choses. Au sens du comédien comme je l’ai dit mais aussi au sens littéral. 

Pour comprendre une forme extérieure, il faut en passer par la structure interne. Ce n’est pas pour rien que l’enseignement classique passait par de longues études de squelette ou que les artistes de la renaissance se sont intérêssés aux écorchés.

Pour dessiner une tête, il faut avoir à l’esprit le crâne présent sous la peau qui donne sa forme au visage. Un architecte aurait le même type discours pour parler d’un bâtiment. Sans quoi cela donne des erreurs de dessin sur un aspect externe déconnecté de ces réalités internes. Têtes ou chevelures trop plates, disproportions du  visage (problème fréquent dans les portraits de profil).

Celui qui montre le mieux cette connexion du corps à son squelette est sans doute Egon Schiele à travers ses nombreux nus chétifs et désarticulés. Il arrive à voir sous la peau et nous montre deux états simultanés, superposés : le mort et le vivant (« tout est mort vivant », comme il aimait le dire). C’est une bonne leçon de dessin : apprendre à voir sous la surface.

 

Dessiner c’est montrer les facettes du monde dans toute sa diversité. C’est devenir papillon, montagne, eau, feu tout en restant soi-même. C’est un jeu où tout devient possible. Le jeu d’un dessinateur (comme celui d’un comédien) est sa façon de dire le monde. Et même si on emprunte le style de la neutralité (comme par exemple chez Chris ware où tout semble être mis sur le même plan : objets, êtres, architectures, signes typographiés) cette posture n’est pas neutre. C’est un projet esthétique qui traduit une vision particulière du monde en un ensemble cohérent.

 

Qu'en est-il de dessiner quelqu'un de réel, face à soi? On peut noter que certains dessinateurs excellent dans le dessin des décors, des objets, des paysages mais ont du mal avec les visages. Peut-être est-ce que l’humain les intéresse moins. C’est une possibilité. Tout dépend de ce que l’on veut faire de son dessin, il y a des dessins. Dessin technique, dessin humoristique, dessin scientifique… Tout dépend de ce que l’on cherche à exprimer.

Que se passe-t-il pour ceux qui veulent se frotter au portrait ? Comment faire un portrait vivant et non pas une tête-nature morte ? Car on peut convoquer le monde entier sur sa feuille dans la solitude de l’atelier. Mais que se passe-t-il dans le face-à-face avec un modèle ?

Il y a de l’émotion qui peut passer, voire de l’intimidation (dans un sens ou dans l’autre), peut importe. Il faut faire avec cette sensation première qui peut nous guider inconsciemment. Essayons de comprendre ce qui est en face de nous. Un visage est une habitation, il raconte une histoire (c’est encore plus lisible sur les personnes agées). Un visage n’est pas un objet comme les autres, il masque une présence, un être. Comment capter ce genre de papillon ? C’est la difficulté du portrait.

La ressemblance purement formelle n’est pas le seul moyen de dire l’autre (je pense à des portraits faussement maladroits de Dubuffet qui par leur côté brut même saisissent la réalité d’une personne, comme par raccourci). La déformation peut aider aussi (voir les portraits ou autoportraits étonnants de Bacon). Là encore, être capable de se mettre à la place de, rentrer dans un personnage, voir sous la surface… tout ça peut aider à saisir l’ apparence « vivante » d’un visage et d’un regard. Le « ça pourrait être moi » ou « je peux être lui », (qu’il s’agisse d’un homme, d’une femme, d’un enfant). Quand on a beaucoup fréquenté un même visage, on peut même le faire de tête, ce qui est un bon exercice pour faire travailler la mémoire visuelle. L'empathie parfois aide, d'autres fois c'est la distance. Mais il faut comprendre ce qu'il se passe dans une tête pour faire un portrait qui sonne juste.

 

 

Pour résumer, pour être un bon acteur , il ne faut pas singer, il faut être. Il ne faut pas imiter mais devenir. Sinon le résultat est une forme ressemblante mais sans vie (à l’image de ces dessins de débutants réalisés à partir de photographie et qui finissent par tous se ressembler par leur absence d’intention et d’interprétation, de jeu).

 

 

 

 

 

 

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5 décembre 2011 1 05 /12 /décembre /2011 18:33

croco2.jpg

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