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6 juin 2011 1 06 /06 /juin /2011 13:45

Goju Ryu / l'école de la force et de la souplesse

 

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Le Goju ryu est un style de Karaté traditionnel originaire d'Okinawa. Il allie la force (Go) et la souplesse (Ju), la dureté et la fluidité. Comme une sorte de synthèse entre la sécheresse du karaté (où on endurcit le corps de façon martiale) et la souplesse de l'Aïkido (où toute tension doit disparaître et où on utilise la force de l'autre pour la lui renvoyer). Dans une perspective Taoïste, on pourrait parler d'une alliance entre le yin et le yang, entre le masculin et le féminin.

On peut trouver le même équilibre dans le dessin. 

D'un côté la dureté du trait, sa précision, son tranchant pour dire les choses de façon directe. De l'autre le flou, l'indéterminé, l'évasif, dans l'encre, l'aquarelle, la tache pour évoquer de façon indirecte et laisser du champ à l'imaginaire. On peut combiner ses deux façons dans un même dessin ou les utiliser alternativement. 

Il est bon d'utiliser toutes les potentialités du dessiner : pas seulement ajouter mais aussi abstraire, pas seulement construire mais aussi détruire, pas seulement l'assurance mais aussi la fragilité. Il y a des moments où il faut être précis et d'autres où il est préférable de rester dans l'imprécision. Du dur au mou et du net au flou. 

Ces gradations sont un moyen d'animer le dessin de façon interne en évitant la répétition systématique du même. Un bon exercice étant (pour être complet) de se faire violence et de se forcer là où on ne va pas d'ordinaire. 

On peut observer des tendances antagonistes de dessin "mou" ou "dur", fort ou souple (utilisation de peu de contraste, d'outil à pointe fine peu appuyé, ou d'outil épais, mal aiguisé et au contraire très contrasté, aiguisé...), il y a aussi ce que j'avais défini comme les "graphiques" ou les "plastiques", ou encore les "réalistes" et les "abstraits". Il faut essayer de se situer là dedans et se forcer à utiliser les techniques que l'on n'aime pas, dans lesquelles on n'est pas à l'aise (le fusain, le pastel gras pour certains - la plume, le feutre fin pour d'autres) pour élargir sa palette. Et s'entrainer à la justesse et la précision quand on a pour habitude d'éluder et d'évoquer les choses. Aller vers le flou et l'informe quand au contraire on ne dessine que dans l'idée de justesse et de ressemblance.

Ces "sorties de route" ne pourront qu'enrichir son dessin, quel que soit la tendance déjà en place. Dessiner c'est se poser des questions de dessins, essayer de régler des contraintes, dépasser ses limites, aller au-delà de la simple apparence et du visible.

En étant dans la modulation, on peut à la fois être fort et fragile, dur et souple, sec ou mou et ne pas se contenter d'une seule émotion.

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Published by Thibault Balahy - dans dessin
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